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Dédoune

Dédoune

 

 

Au plus loin que porte mon regard, se dresse une grande pierre blanche à laquelle, pour le meilleur et pour le pire, à l’aube de ma vie, je me suis amarrée : mon cadeau, mon giron, mon étoile, petite mère de nos fous-rires et de nos misères. Je fus ton premier enfant et tu fus à l’origine de mon premier gros chagrin à huit ans : tu t’es mariée, tu es partie me laissant toute seule dans la grande maison déserte où je n’avais plus de maman puisque tu n’étais plus là. Tu y es revenue un peu plus tard avec ton bébé, notre bébé qui a maintenant plus de cinquante ans, aussi rayonnant et généreux que toi. Tu ne pouvais pas travailler ailleurs qu’en psychiatrie car il est dans ta nature de t’occuper des autres, de tout entendre et de tout comprendre car ta patience est infinie.

 

Au plus loin que porte mon regard, je t’ai toujours vue ouvrir tes bras sur mes peines et les refermer sur mes épaules.

 

Au plus loin que je porte mon regard, se dresse une grande pierre blanche à laquelle, à l’aube de ma vie, pour le meilleur et pour le pire, je me suis amarrée…

 

   ma sœur.

 



22/10/2015
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